La Trace de Bifrost et de pratique comparables au Chamanisme de Sibérie dans le Druidisme
La Trace de Bifrost et de pratique comparables au
Chamanisme de Sibérie dans le Druidisme:
On en connaît si peu sur les
pratiques spirituelles des druides que certains érudits se sont même demandés
si, de ce fait, l'on pouvait vraiment parler de chamanisme celtique. Néanmoins,
en se basant sur les écrits des premiers historiens romains, ou même sur les
écrits plus récents des moines chrétiens, l'on peut conclure que les druides
pratiquaient un chamanisme comparable à celui des chamans sibériens .
Les légendes celtiques mentionnent que les druides pratiquaient l'affrontement
par la magie, sollicitaient la foudre, conduisaient des guérisons, plongeaient
des foules de gens dans le sommeil, questionnaient les oracles sur le futur .
On sait, également, que les
filidh n'étaient pas seulement des poètes inspirés, mais des guérisseurs, des
adeptes de la magie.
Quelques traces de pratiques chamaniques chez les druides :
Les connaissances sur les pratiques chamaniques des druides peuvent avoir
disparu, avec l'extinction des druides, mais de nombreuses courtes descriptions
et notes sur les pratiques divinatoires des filidh ont subsistées dans les
histoires irlandaises et les commentaires. Au travers des affirmations tirées
du Glossaire de Cormac datant du 10ème siècle et d'ailleurs, on sait que les
druides et filidh d'avant l'ère chrétienne, se servirent de trois oracles, dont
un au moins peut être qualifié de chamanique : imbas forosnas, ce que l'on peut
traduire par « source de révélation » ou « embrasement de frénésie poétique »,
teinm laída par « illumination du chant », et dichetal do chennaib par «
incantation improvisée ».
Guyonvar'ch a traité l'imbas forasna, teimn laida et dichetal do cheinaib dans
son livre sur le druidisme (quasiment tout un chapitre). Tous autorisées par St
Patrick car d'une magie ne faisant pas appel aux dieux païens. Par contre lui
traduirait le dichetal do cheinaib par magie des doigts et improvisé sur le
moment pour les rituels.
En Irlande on appelle
également ces praticants banshhee ou firshee c'est le domaine de la haute magie
où il est nécessaire d'être plusieurs afin que le voyage puisse débuter
similitanément avec la saga des groënlandais où est montrée la nécessité d'un
chant pour que la völva ou la seidhkona puisse exercer son art du Seidr.
Mais parler de shamanisme est une extension d'un terme propre d'une autre
culture, il y a des pratiques dépendant des Esprits tutélaires ou familiaux
mais les insruments et moyen de la classe sacerdotale celtique diffèrent des
pratiques des nomades sibériens.
Le terme « chamane » est
emprunté au toungouse (Sibérie) par l’archiprêtre Avvakoum Petrov Kondratiev.
Roberte Hamayon (La chasse à l'âme, 1990) caractérise le chamanisme de Sibérie
ainsi : il s’agit d’une « procédure de médiation, rudimentaire et bonne à tout
faire supposant une conception spécifique de l'homme, du monde et de la société
» ainsi que de leurs relations. La notion d'échange est au cœur de la pensée
chamaniste : surtout il existe un lien fondamental entre la chasse, l’alliance
et le chamanisme ; ainsi, Roberte Hamayon propose que le chamanisme en soi
s'enracine dans la vie de chasse, en raison d'un rapport de nécessité fondé sur
ce qui semble caractériser le chamanisme au niveau le plus général : la gestion
de l’aléatoire.
Celle-ci se réalise par un échange avec les esprits, lors de la transe.
Le chamanisme est donc une
conduite, une efficacité, une technique, à restituer dans le tout de la
société. Il remplit une fonction d'adaptation à des situations démunies et
difficiles, par sa souplesse, son pragmatisme (contrairement aux religions
instituées), et par sa disponibilité.
Les traits essentiels du
chamanisme, dans les sociétés de chasse, sont : l’alliance avec les esprits de
la surnature, le voyage de l'âme, la gestion de l’aléatoire par le rapport
entre chamane et esprits, mais aussi la fluidité, car le chamanisme n’est pas
quelque chose de figé puisqu’il intègre.
Si l'on prend le terme «
chamanisme » stricto sensu dans le sens toungouse, alors son champ est
fortement limité et ne s’étend plus qu’à cette société. Il faudrait en fait
répertorier les traits du chamanisme toungouse, et on s’autoriserait alors à
appliquer ce terme à toutes les institutions partageant exactement tous ces
traits énumérés. Probablement cela couvrirait alors l’ensemble sinon une partie
de la Sibérie, mais certainement pas tous les groupes pour lesquels on parle de
chamanisme. Toutefois, si l’on en prend les traits principaux, on peut alors
utiliser le terme de « chamanisme », celle-ci devenant une catégorie, et le
chamanisme toungouse un modèle. Car ce que l’on peut comparer ce sont les
modèles tirés de ces sociétés, et non les sociétés elles-mêmes, ni leurs
rituels.
Cela étant établi, pour placer des éléments, pratiques, institutions, sous la
catégorie « chamanisme » il faut donc de la rigueur. Ainsi, lors du Congrès
international sur le chamanisme de 1997, on a pu assister à des communications
soulevant le problème du « développement des pratiques dites alors chamaniques,
auprès d’Européens en mal d’exotisme » ; et à ce sujet deux avis s’opposaient,
l’un déniant le caractère « chamanique » (D. Vazeilles), l’autre ne voyant pas
de raison illégitime qui interdirait cette dénomination, puisque selon C.
Kappler, l’Europe avait jusqu’au Moyen Âge des pratiques également «
chamaniques », citant Jeanne Favret-Saada (Les mots, la mort, les sorts), donc
associant la sorcellerie au chamanisme.
Le débat, loin d’être fini,
pose toujours problème. Dans l’application du terme « chamanisme » à d’autres
sociétés, il convient de justifier ce choix par une description précise des
faits et pratiques qui forment le modèle que l’on veut comparer au modèle
toungouse. Pour utiliser le « chamanisme » comme élément de comparaison, il
faut en effet pouvoir comparer des modèles entre eux.
Le chemin du ciel, le pont
Bifrost :
Le pont c’est le lien symbolique qui relit la terre et le ciel, et ceux pont
que doit emprunter le druide fili, le druide faith, le seidhamandr ou le
chamane. L’énergie qui le pousse vers l’élévation vers le ciel et la chute dans
les profondeurs de la terre.
Dans la mythologie nordique : Bifrost « chemin coloré », « chemin tremblant »,
« chemin trompeur » ou « endroit fragile », Bifrost c’est l’Arc en Ciel soit le
Pont sacré qui relie Midgard « la terre des hommes », au Valhalla en Asgard, «
La terre des dieux » ou ce trouve de nombreux palais comme Sessrumnir ou ce
fabuleux palais d’Odin le Valhalla qui est la résidence des Valkyries qui
accueillent les héros, ou le voyageur empreinte les voies du pont ou par d’autres
enchantements tel le cheval, (comme Sleipnir) pour s’élever ver le gardien
Heimdall et les honneur des Einherjær les guerrier des dieux qui résident dans
l’honneur. Voilà l’aspect poétique de la chose et mystique, qu’en était t’il
des peuples près celtique, près germanique ou près nordique ? Est ce qu’il y
avait un pont sacré comme notre bifrost chez les hyperboréens – indo-européens
? Mais ce pont n’est t’il pas visible par les boréens ? Très loin au nord dans
le ciel d’hiver avec les aurores boréales ?
Le pont a t’il un lien avec
le soleil ou le culte du soleil levant ?
L’arc en ciel est composé de lumière pure, de sacré et de lien entre la terre
qui nous nourris et le soleil qui nous apporte la vie dans le ciel, mais pour
les anciens peuples où partait il chaque nuit ? Dans l’inframonde aux confins
des profondeurs de la terre ? Sous la mer ? Ou voyageait il lui aussi comme les
dieux et les mystiques sur le bifrost ? Pour cette ailleur sacré dont parle les
mythes et les légendes ?
Notre mot aurore vient du
latin aurora « la dorée ». Cependant on peut aussi lire que Is est la rune de
l’aurore. Or « is » signifie aussi “surgir”, vieux français « isser » soit ici
: hisser : « tirer vers le haut » qui s’est conservé dans l’Art du Blason
concernant une Figure, sous la forme « issant » on retrouvera sans s’étonner
cette racine dans l’allemand et l’anglais eis, ice « la glace » dont un grêlon
Hagal, suçoté par la mythique vache sacrée Audhumbla, est à l’origine du
premier dieu nordique, Burr qui fut le premier a cultiver les terres glacés du
nord et qui donna naissance à un fils Buri, noms dans lesquels il est aisé de
voir la racine de Bœrs (néerlandais), Boer (Afrikaans), Bauer (Danois) «
Paysans » mais aussi la même racine que Bär ou Bear « Ours ». On pensera ainsi
à l’Aurore de l’Année qui est annoncée par l’ours Blaise lors de la Fête
d’Imbolc ou de la Chandeleur .
Chez les Slaves et les Lituaniens nous retrouvons dans leur folklore les traces
d’un aurore sacré.
Avec la danse du soleil levant, personnifier par un dieu ours « Usins est un
cavalier émérite qui apparaît sur la “montagne du ciel » au printemps, sa venue
apportant aux arbres leurs feuilles et l'herbe verte aux champs. C'est le dieu
du printemps et de l'aurore dont l'étymologie révèle une ascendance commune
avec la déesse germanique Ostara, elle même déesse probablement en lien avec
Frigg ou Freya. Ces déesses de la fertilité et de la beauté.
« Le soleil qui danse dans l’abondance sur la montagne argentée a aux pieds des
souliers d’argents »
Ainsi chantent les lituaniens durant leur célébration du printemps.
le jour de la fête du printemps ou du “nouveau soleil”, par exemple chez les
Germains à la fête de l’Austrô, « le levant, l’est ». Célébration qui a donner
« Ostara » de plus le soleil se lève parfaitement a l’Est a chaque équinoxe de
printemps c’est d’ailleur a ce moment de l’année que les bâtisseurs de
cathédrale commençaient leur ouvrages.
Cette particularité, qui a beaucoup intrigué les mythologues, semble assez
naturelle à quiconque a observé un lever de soleil dans un ciel clair. Pendant
un instant, le disque rouge, avant de se détacher de la ligne de l’horizon,
paraît osciller et se balancer, ce qui nous fait comme un échos lointain des
catastrophes climatiques et des déluges qui on vraisemblablement, avec le
dégèle des montagnes et des glaciers, traumatisé les populations en fuites ne
voyant plus le ciel les étoiles ou le soleil. Perturbé et peut être que le
soleil est rester dans les consciences le point centrale, le repère de la vie
ou qu’une vie est possible.
Très certainement en lien
avec le soleil le fait qu’il soit pont, et tremblant, peut être soumis aux
forces du soleil par le dégèle et que l’on y retrouve bei Frost, « près du
(froid) gel »,nous fait penser a un chemin quand même assez dangereux un pont
de neige au dessus d’une crevasse vide peut être au dessus d’une montagne
sombre et froide. C’est le genre d’image que nous avons du Bifrost, s’élevant
vers les cieux.
En Bretagne nous avons un
dicton entre l'arc en ciel et les voyageurs: «Ur varenn c'hlav deus ar beure,
Ar veajourien c'hall bale war an hent» (Arc en ciel du matin,Les voyageurs
peuvent ce mettre en route de loin).
Après la pluie ou une petite
averse, on distingue parfois le pont sacré qui mène au royaume des dieux. En Irlande
ou en Bretagne il peut aussi nous montrer les lieux sacrés ou résident certaine
fées comme la Marie Morgane ou les Lepreuchaunes avec leurs chaudrons pleins
d’or.
Mais n’y entre pas qui veut : Heimdall, le gardien, protège le seuil du domaine
sacré.
Il est pour nous l’éternel gardien du plus précieux des trésors, la
connaissance que chacun a de lui-même, Heimdall tient d’une main l’épée du
combat, Hofud son casque sur la Tête, et de l’autre la corne de l’appel,
Gjallarhorn, qui s’entend dans tout l’univers et que le dieu, le danger passé,
accroche aux basses branches d’Yggdrasil. Quand il doit chevaucher pour se
rendre à l’assemblée des dieux, Heimdall enfourche son coursier Gulltop « aux
crins dorés».
Le brave Heimdall est à la fois un guerrier et un sage, il connaît tout les
signes de la bataille et des conflit et aussi ceux des lieux calme ou siège la
paix et les jours heureux, il connaît parfaitement chaque signe et sait faire
la différence entre les amis et les ennemis.
Il veille sur le seuil d’Asgard, la demeure des Dieux.
Nul ne peut entrer qui n’a subit de sa part un véritable « examen de passage
».Il n’est d’élu que celui qui en est digne. Ne pénètre au pays de la lumière
que celui qui est fidèle à lui même et à l’ordre naturel des choses, des hommes
et des dieux. Le pont Bifrost mène de l’humain au surhumain, il mène les hommes
a être plus grand qu’eux même, a accomplir leur destinée, celle du wyrd, une
fois l’unité réalisé en eux ils se rapprochent des dieux, et peuvent franchir
le pont.
Notre Bifrost dans les
folklores d’Europe a d’autres noms, c’esl l’Asbru ‘le pont des Ases » qui est
franchit par les âmes des héros dans l’Or du Rhin de Richard Wagner. Pour les
Grecs c’est Iris « Arc en ciel ou météore » qui est le présage d’une bataille. Au
travers de ses pratiques de voyance Iris est la messagère des dieux, elle était
par ailleur semblable aux valkyrie avec de grandes ailes comme les corbeaux ou
les signes (les oiseaux des valkyries, qui en portaient des représentations sur
leurs casques) ce qui pourrait la rapprocher des représentations tardives d’un
autre messager de l’au-delà. Chez les romains c’est Mercure et Hermes qui sont
souvent associer a Odin et a Hermöd, pour leur rôle de messager et de guide en
sagesse, de même Freya est associer a Vénuse et Thor a Hercule. On sait que «
Iris fut changée en arc en ciel par Junon et Héra » après la fin du monde dans
une inondation, ce qui n’est pas sans rappeler dans le mythe nordique du
Ragnarök Destin ou « Crépuscule » des Dieux où le pont bifrost d’ Asgard peut
aussi être détruit par les puissances du monde des géants.
Au Moyen Orient pour les
Hébreux, ce pont était aussi une échelle dont Jacob avait gardé le souvenir par
ses parents Ebro et par la mémoire de ses autres parents de la Ziggourat de
Babylone. Le rapprochement du moins en symbolique peut être fait entre Bifrost
et l’échelle de Jacob. Nous lisons aussi dans la bien tardive Bible que : «
Jahveh dit : Je mets mon arc dans la nuée et il deviendra un signe d’alliance
entre Moi et la Terre. » Genèse, 9, 12, 17. Ce qu’on retrouve dans la légende
de Noë : à la fin du Déluge, l’Arc-en-ciel apparaît comme un signe de paix… ce
qui n’est pas sans rappeler le Ragnarök avec le bifrost et le retour de Balder
a Asgard depuis Helheim.
Avec la Christianisation de
nos légendes et de nos contes, le pont Bifrost fut diabolisé et devint « La
jarretière du Diable », ce qui nous autorisera à penser à Loki le père du
monstre hybride Fenrir, et au serpent Jörmungandr dans l’océan. Le loup Fenrir
(féroce) lors du Ragnarök, brisa Gleipnir la chaîne magique que lui passa Tyr
en échange de sa main droite laissée dans la gueule du monstre. Mais, en Grèce,
on le nomme toujours « l’écharpe d’Iris » ce que l’Église Chrétienne transforma
là aussi en « écharpe ou ceinture de Marie ».
Sources:
"Le monde du Chamanisme, un nouveau regard sur une ancienne
tradition" par Roger Walsh, édition Danaé.
"La bible des Fées" par Teresa Moonrey, édition Guy Trédaniel.
"B.A-BA Tradition Nordique" par Arnaud d'Apremont, édition Pardès.
"Les Vikings, vérité et légende" par Jean Renaud, édition Perrin.
"Guide Pratique de l'Asatru" par Patricia M Lafayllve, édition Danae.
"Les origines de l'arbre de Mai, dans la cosmologie runique des Atlantes
boréens" par Christian Mandon.
"Les mystères des Celtes, mythes, cérémonies rituelles, croyances et
légendes" Par Stefano Mayorca, édition De Vecchi.
"L'Edda Poétique" par Régis Boyer, édition Fayard.
« Les étoiles fixes dans la tradition Celtique » Par René Bouchet
« Les Traditions Celtiques, Doctrine initiatique de l'Occident » Par Robert
Ambelain
"Dictons, Proverbe et autres expressions populaires de Bretagne", par
Daniel Giraudon, éditions du Donon.
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